Jounayd G.
Formateur / Kiné
La hijama, aussi appelée ventousothérapie ou cupping therapy, est une pratique traditionnelle. Elle est connue dans le monde du bien-être et de la médecine prophétique.
Mais elle ne convient pas à tout le monde. Avant de parler des bienfaits, des points ou du déroulement d’une séance, il faut d’abord poser une question simple : qui ne doit pas faire de hijama ?
Cette question est essentielle, surtout lorsqu’il s’agit de hijama humide. Une séance mal indiquée, réalisée sur une personne fragile, avec une aspiration trop forte ou sans bonne hygiène, peut provoquer des effets indésirables.
Important : cet article est informatif. Il ne permet pas de poser un diagnostic. Il ne doit pas servir à traiter une maladie. En cas de doute, demandez toujours l’avis d’un professionnel de santé.
Faites-le aussi si vous suivez un traitement médical. Faites-le si vous êtes enceinte. Faites-le si vous avez une maladie chronique. Faites-le si vous présentez un symptôme inhabituel.
Qui ne doit pas faire de Hijama ? Les contre-indications principales
La hijama ne doit jamais être pratiquée de manière automatique. C’est un soin personnalisé.
Avant chaque séance, il faut prendre en compte l’état général de la personne. Il faut aussi considérer son âge, ses traitements et ses antécédents médicaux. Il faut tenir compte de sa peau et de sa capacité à récupérer.
Voici les principales situations dans lesquelles la hijama doit être évitée, reportée ou discutée avec un professionnel de santé.
1. Une personne dont l’état général est affaibli
C’est le point le plus important. Une personne très fatiguée, pâle ou fiévreuse ne devrait pas recevoir de hijama.
C’est aussi le cas en cas de grande faiblesse. Cela s’applique également en cas d’infection aiguë, de crise, de phase dite chaude ou d’aggravation d’une maladie chronique.
Même si la personne souhaite absolument faire une séance, il faut reporter. La hijama demande au corps une certaine capacité de récupération, car elle fatigue naturellement. Si l’état général est mauvais, la séance peut être mal tolérée. Elle peut accentuer la fatigue ou provoquer un malaise.
À retenir : si la personne semble affaiblie, malade, instable ou très fatiguée, la meilleure décision est souvent de reporter la séance.
2. Les enfants de moins de 2 ans
La hijama est contre-indiquée chez l’enfant de moins de 2 ans.
Chez l’enfant plus âgé, la prudence reste indispensable. Il ne faut jamais appliquer une aspiration forte. L’aspiration doit rester faible ou moyenne selon le profil de l’enfant. Plus l’enfant est jeune, plus le temps de pose doit aussi être limité.
L’utilisation d’un chronomètre est indispensable pour éviter une pose trop longue.
La hijama chez l’enfant ne doit jamais être improvisée à partir d’un simple protocole vu en ligne. Elle demande une connaissance précise des précautions, de la force d’aspiration, de la durée et des signes de mauvaise tolérance.
Dans la formation complète Ma Hijama, un module est dédié à la hijama et l’enfant afin d’aborder ces précautions de manière plus détaillée.
3. Les personnes âgées ou fragiles
Chez les personnes âgées, surtout après 75 ans, la hijama doit être discutée au cas par cas. L’âge seul ne suffit pas toujours pour décider. Il faut aussi tenir compte de l’autonomie, de la fatigue et de la peau.
Il faut également penser à la tension, aux traitements et aux antécédents médicaux.
Une personne âgée fragile peut moins bien supporter une aspiration forte, une séance longue ou une perte de sang. La peau peut aussi être plus fine, plus sensible et cicatriser moins facilement en cas de hijama humide.
Dans certains cas, la hijama sèche peut être plus adaptée que la hijama humide. Pour mieux comprendre la différence, vous pouvez lire notre article :
Hijama sèche ou Hijama humide : quelles différences ?
4. La femme enceinte
La grossesse demande une prudence particulière. Une femme enceinte ne doit pas recevoir une hijama sans précaution.
C’est surtout vrai si la séance concerne l’abdomen, le bas du dos ou des zones liées à l’utérus. Cela peut aussi concerner les zones associées à l’appareil reproducteur.
Par sécurité, il faut éviter toute pratique agressive, toute aspiration forte et toute hijama humide sur les zones sensibles. En cas de grossesse à risque, de saignements ou de contractions, il faut s’abstenir.
En cas d’antécédents obstétricaux, de grande fatigue ou de doute, demandez un avis médical.
La prudence est aussi nécessaire en cas d’antécédent de fausse couche ou de phlébite. Un praticien débutant ou peu expérimenté doit éviter de prendre en charge une femme enceinte. Dans ce contexte, la prudence doit toujours passer avant la volonté de pratiquer.
La plupart des professionnels préfèrent interdire ou reporter la hijama pendant la grossesse, sauf cadre très spécifique et avis compétent.
5. Les antécédents médicaux lourds
Certaines situations médicales imposent une grande prudence. La hijama ne doit pas être banalisée chez une personne ayant des antécédents lourds ou une maladie mal équilibrée.
Cela concerne notamment :
- une maladie cardiaque évoluée ;
- une maladie coronarienne mal contrôlée ;
- une insuffisance respiratoire sévère ;
- une insuffisance rénale sévère ;
- une insuffisance hépatique sévère ;
- une pathologie grave en cours de traitement lourd ;
- un état général très diminué ;
- des antécédents de malaise important pendant un soin.
Dans ces cas, l’avis médical est prioritaire. La hijama ne doit jamais remplacer une prise en charge médicale ni retarder une consultation.
6. Les traitements anticoagulants
Les traitements anticoagulants augmentent le risque de saignement. Une personne qui prend un anticoagulant à dose efficace ne devrait pas recevoir de hijama humide sans encadrement médical adapté.
Cela concerne notamment certains traitements prescrits pour fluidifier le sang, comme les antivitamines K, l’héparine ou d’autres anticoagulants. Le risque principal est un saignement difficile à contrôler, un hématome important ou une mauvaise tolérance de la séance.
Il ne faut jamais arrêter un médicament pour faire une hijama. Seul le médecin qui suit la personne peut décider d’un éventuel ajustement thérapeutique.
Important : toute prise de médicament fluidifiant le sang doit être signalée avant la séance. En cas de doute, la séance doit être reportée.
7. Les troubles de la coagulation
Les troubles de la coagulation demandent une vigilance maximale : hémophilie, maladie de Willebrand, thrombopénie, anomalies de l’hémostase ou antécédents de saignements anormaux.
Lorsque le risque hémorragique est important, il faut s’abstenir. Même une petite incision peut devenir problématique si la coagulation est perturbée.
Pour une pratique responsable, tout antécédent de saignement inhabituel doit être un signal d’alerte.
Des bleus fréquents, des plaquettes basses ou un trouble connu de la coagulation sont aussi des signaux d’alerte.
8. Les plaies, infections ou maladies de peau actives
Il ne faut pas poser de ventouses sur une zone présentant :
- une plaie ouverte ;
- une infection cutanée ;
- une brûlure ;
- un eczéma en poussée ;
- un psoriasis irrité ;
- une lésion suspecte ;
- un hématome important ;
- une peau très fine, fragile ou abîmée.
La peau est une barrière de protection. Si elle est déjà abîmée, la hijama peut augmenter le risque de douleur, d’irritation, de mauvaise cicatrisation ou d’infection.
9. Les règles abondantes, l’anémie ou une grande fatigue
Pendant les règles, il vaut mieux éviter la hijama si la femme est fatiguée. Il faut aussi l’éviter en cas de douleurs importantes, de malaises ou d’anémie.
Il vaut mieux l’éviter si les règles sont très abondantes.
Dans ce cas, il est souvent plus prudent de reporter la séance de quelques jours. La priorité est de ne pas accentuer une fatigue déjà présente ou une perte sanguine importante.
La hijama sèche peut parfois être envisagée selon l’état de la personne, notamment dans une approche de confort autour des douleurs liées aux menstrues. Cependant, cela doit rester prudent, adapté et non systématique.
Dans la formation Ma Hijama, les protocoles liés à l’appareil reproducteur de la femme sont abordés de manière spécifique.
10. Le don du sang récent ou une perte de sang récente
Après un don du sang, une opération, une perte de sang importante ou une suspicion d’anémie, il faut éviter la hijama humide. Le corps doit d’abord récupérer.
Une nouvelle perte sanguine, même modérée, peut être mal tolérée si la personne est déjà fatiguée ou carencée.
11. Une infection aiguë, de la fièvre ou un état grippal
En cas de fièvre, de grippe, d’infection active ou d’état inflammatoire important, il est préférable de ne pas pratiquer. La priorité est de laisser le corps récupérer et de consulter si nécessaire.
Une séance réalisée dans un moment où l’organisme est déjà fortement sollicité peut accentuer la fatigue ou être moins bien tolérée.
12. Une maladie chronique en poussée
Une maladie chronique stable n’est pas la même chose qu’une maladie chronique en phase d’aggravation.
Lorsqu’une personne est en crise, en poussée, en décompensation ou dans une période instable, la séance doit être reportée.
La hijama ne doit jamais être utilisée pour gérer seule une situation médicale active, grave ou inhabituelle.
Les zones à éviter ou à traiter avec prudence
Les contre-indications ne concernent pas seulement la personne. Elles concernent aussi les zones du corps. Certaines zones sont trop sensibles, trop vascularisées ou trop risquées pour être traitées sans expertise.
Les zones à traiter avec grande prudence
Certaines zones ne sont pas forcément interdites, mais elles nécessitent une très bonne maîtrise :
- le cuir chevelu ;
- la base du crâne ;
- la nuque ;
- les zones proches des gros vaisseaux ;
- les zones très douloureuses ou inflammatoires ;
- les zones avec varices importantes ;
- les zones proches d’une chirurgie récente ;
- les zones où la peau est très fine ou fragile.
Le cuir chevelu, par exemple, est une zone très vascularisée. Une mauvaise technique peut entraîner un saignement plus important que prévu ou une mauvaise tolérance de la séance.
Les zones à éviter
Certaines zones doivent être évitées ou réservées à des situations très encadrées :
- les vaisseaux du cou ;
- les aisselles ;
- le pli de l’aine ;
- l’arrière du genou ;
- le pli du coude, surtout en hijama humide ;
- toute zone où passe un gros vaisseau ;
- toute zone présentant une plaie, une infection ou une inflammation importante.
Une ventouse mal placée peut créer une douleur importante, une gêne circulatoire, un engourdissement ou un saignement excessif.
C’est pour cela qu’il ne suffit pas de connaître des “points”. Il faut aussi connaître les zones à risque.
Conseil : une formation sérieuse doit apprendre où poser les ventouses, mais aussi où ne pas les poser.
Pourquoi poser des questions avant une séance de Hijama ?
Pour repérer les contre-indications, il ne suffit pas de demander vite : “Tout va bien ?”
Il faut prendre le temps de poser les bonnes questions avant la séance.
Cette étape permet de vérifier l’état général et les traitements. Elle permet aussi de vérifier les antécédents médicaux et une éventuelle grossesse.
Elle permet de prendre en compte les troubles de coagulation, les maladies de peau, les malaises récents et les situations qui exigent de reporter la séance.
Cette démarche s’appelle souvent une anamnèse, ou questionnaire avant séance. Elle ne sert pas à poser un diagnostic médical. Elle sert à pratiquer avec plus de prudence et à éviter les situations à risque.
Pour approfondir ce sujet, consultez notre guide dédié :
Questionnaire avant Hijama : anamnèse, fiche client et précautions avant séance.
Pourquoi un bon praticien doit savoir dire non
Dans la hijama, la compétence ne se mesure pas seulement à la capacité de poser des ventouses. Elle se mesure aussi à la capacité de refuser une séance lorsqu’elle n’est pas adaptée.
Savoir dire non, c’est protéger la personne, protéger le praticien et respecter les limites de la pratique.
Une personne peut insister parce qu’elle a entendu que la hijama pouvait l’aider. Mais si son état général est mauvais, il vaut parfois mieux refuser.
C’est aussi le cas si elle suit un traitement à risque. Ou si la zone demandée est dangereuse.
Une approche sérieuse repose sur trois réflexes :
- observer : état général, peau, fatigue, comportement ;
- questionner : antécédents, traitements, symptômes, contexte ;
- décider avec prudence : pratiquer, adapter, reporter ou refuser.
Quand on débute, on pense souvent que le plus difficile est de connaître les points. En réalité, le plus difficile est parfois de savoir analyser une situation avant même de sortir les ventouses.
Conclusion
Les contre-indications de la hijama doivent toujours être prises au sérieux. Avant de penser aux points, aux protocoles ou au matériel, commencez par la sécurité.
Vérifiez l’état général, l’âge et une éventuelle grossesse. Notez les traitements, les antécédents et les troubles de la coagulation.
Examinez la peau et repérez les zones à risque.
Une séance bien menée n’est pas celle où l’on utilise beaucoup de ventouses. Elle ne vise pas non plus à retirer beaucoup de sang.
C’est celle qui est adaptée à la personne, réalisée dans de bonnes conditions et évitée lorsque la situation l’exige.
Chez Ma Hijama, nous défendons une approche simple et claire : apprendre la hijama sans improviser, s’appuyer sur des bases solides, respecter les précautions et garder une vraie conscience des limites de cette pratique.
Découvrir la formation complète Ma Hijama
Sources et note éditoriale
Cet article s’appuie sur le manuel La Hijama — Fondements, Techniques, Conseils du Dr Ait M’hammed Moloud.
Il s’appuie aussi sur les supports pédagogiques Ma Hijama. Enfin, il utilise des sources générales sur la sécurité du cupping therapy.
- Dr Ait M’hammed Moloud — La Hijama : Fondements, Techniques, Conseils
- NCCIH — Cupping
- Cleveland Clinic — Cupping Therapy
- NCBI Bookshelf — Cupping Therapy, StatPearls




